[ Un problème métaphysique de plus. ]
03/10/2009 00:06 par koralik
Entre minuit et une heure du mat’, on prend souvent des décisions stupides.
Trop tard, je me suis laissée emportée.
J’ai même pas vraiment fait exprès en plus, c’est venu comme ça. Par hasard.
C’est dingue comme on lui colle des trucs sur le dos au hasard, alors que le pauvre, la plupart du temps, il n’y est pour rien. En plus, tout est de sa faute à lui, là bas ; au fond de la salle. Mais ce n’est pas le sujet.
Le sujet, on me l’avait soufflé deux heures avant. Une sombre histoire de… Non, je ne vous dirai rien. Pas encore. Parce que voyez-vous, ça casserait tout le suspense de l’histoire.
Donc le sujet, on me l’avait soufflé au creux de l’oreille. Même que ca m’a filé un sacré frisson.sur le coup. J’avais enfin compris. C’était la révélation…. THE révélation !
Je devais en parler parce que c’est le genre de chose qui change votre vision des choses pour toujours, un peu comme le jour où vous avez compris la signification du logo carrefour.
Le problème, c’est que c’est pas un sujet facile. Si je commence à parler de ça, après on va rentrer dans des discussions métaphysiques sur la mort, le désir, la solitude… Et ca c’est pas sympa. Je vais vous rendre tout tristes. Tellement tristes que vous allez être obligés de boire pour oublier, et là ce sera le drame, le même que l’histoire.
Oui, parce qu’en faisant ça, vous ne ferez que noyez le poisson, et comme tout le monde le sait, le poisson rouge a une mémoire flash. Tout ça risquerait de vous faire sacrément mal aux yeux.
Mais bon, vaut il mieux avoir mal aux yeux ou vivre dans la cécité ? Telle est la question !
Pour un prochain débat. Parce que ça , ça ne va pas changer votre vie.
Arrêtez de trépigner, je vais vous la raconter cette histoire, vu que vous insistez.
Maintenant que vous savez que vous risquez de devenir suicidaire, alcoolique et handicapé des yeux, je peux y aller. Vous prenez vos responsabilités. Tant pis pour vous. Dans le pire des cas, ca fera un parano de moins. Pas une grosse perte au final.
Ceci dit, préparez vous quand même psychologiquement parce que là, vous allez entamer une intense réflexion.
Tout à commencé dans un shot de vodka. Tout commence ou finit dans le bison de toute façon, fallait s’y attendre. C’était un shot tout bleu. Parce que c’était pas juste de la vodka, c’était de la vodka schtroumpf. Je me suis alors demandé combien on avait tué de schtroumpfs pour faire ce breuvage fort délicieux.
C’était quand même sacrément terrible pour ce petit peuple d’irréductibles… ah non zut, je me trompe, ca c’est les gaulois ! Ils sont pas bleus eux, et puis ils boivent de la cervoise.
Ceci étant, on a quand même massacré de pauvres schtroumpfs juste pour rendre la vodka bleue comme l’eau des chiottes. Y’en a qui disent que c’est des suicides, mais j’y crois pas.
Tout le monde le sait, un schtroumpf c’est vachement heureux.
Non et puis c’est pas les seules victimes. Vous allez pas me dire que les fraises tagada, elles étaient tristes elles aussi ?! Et les cœurs de pêche ? Non non non. Y’a un truc pas net là-dessous.
C’est les crocodiles qui m’ont mis sur la voie. Parce que les crocodiles, bah je sais pas si vous avez remarqué, mais ils sont jamais dans les shots eux.
Discrimination ? C’est ce qu’ils disent… Tout ça parce qu’ils sont de couleurs différentes.
Ca vous révolte hein ? Moi aussi.
Bref, après avoir pleuré quelques larmes, ils m’ont tout expliqué. La solitude les rongeait (et c’est pas beau à voir un crocodile sans patte…)
L’un d’eux m’a voué. « On SELECTIONNE et on respecte les QUOTAS dans la vodka. »
Si si monsieur !
Mais attention, ca ne marche pas n’importe comment. On prend du schtroumpf de compét, pas le schtroumpf grognon au teint morne… non non, juste le schtroumpf costaud au teint bleu éclatant ! Pareil pour les fraises tagada. On ne prend que les pulpeuses, celles qui sont rouge sang (on prend pas les petites boudinées rosâtres). Et pour les cœurs de pêches, ne vous leurrez pas… ils ne prennent plus ceux qui sont brisés.
Révoltant ? Je ne vous le fait pas dire.
Il est temps de faire quelque chose. Militons pour de la vodka multicolore où chacun aura sa place, où chaque crocodile sèchera ses larmes pour faire le grand saut.
Maintenant, je sais que vous ne verrez plus votre verre de vodka de la même façon.
Peut être même que vous refuserez de le boire. Par solidarité.
Et vous aurez raison ! Laissez-le moi. Je m’occupe de son cas.
[ Out of space.... ]
03/10/2009 00:04 par koralik
Alors que le silence a envahi chaque pièce, des murmures brûlent nos tympans.
Des plaintes lancinantes qui hantent les moindres recoins de l’esprit au cœur de nos paradis perdus. On a beau chercher à bâillonner nos silences, ils sont plus forts que nous.
Est-ce que l’ivresse saura les assommer ? Est-ce que l’hiver endolorira leurs effets ?
Et si cet état de fait était éternel ? Devrons-nous nous étourdir chaque nuit de l’année comme des pantins sans merveille ?
On craint l’absurdité de nos existences dans l’ombre de ceux qui avancent encore et toujours comme des soldats, mais l’esprit vide.
Ils nous distancent et nous hurlent que nous ne sommes rien que de pauvres galériens perdus, mais qui sont-ils pour nous lancer leurs flèches empoisonnées de mépris ? Ils ont définitivement perdu l’âme du monde dans leurs encéphales aseptisés.
Pourrons-nous un jour les réanimer ou devrons-nous toujours lutter contre un conformisme aux lunettes roses et aux paroles bien réglées ? La nuit, tout est inéluctablement trop sombre pour se contenter de l’espoir des petits matins.
Nuit 1 –Jour 0. Chaos. L’empreinte nocturne de ce qui touche nos nerfs ne peut s’envoler dans le bouillonnement des heures ensoleillées. Mathématiquement impossible.
Il restera toujours des séquelles de ces heures sans rendement. Ces heures qui s’affichent comme des pertes de temps.
Qu’est ce que j’ai égaré cette nuit ? Un peu de repos et quelques larmes… Je n’en sors pas indemne. Assommée par ce que j’ai vécu, ce que j’ai si violemment pensé.
Ces envies de rien, et ces riens qui donnent envie, des espoirs agonisants sur le feu de la nostalgie.
On n’a pas de chance toi et moi, on ne se défait pas du spleen. On s’accroche à ces nuits de sursis comme à un butin oublié de tous. Quelque chose qui nous appartient. Une chose du cœur dont on ne nous a pas encore dépossédés. On a brûlé nos racines pour ne pas gangréner nos veines. Taillade-les, regarde comme ca vit en dessous ! On n’a pas besoin de leur perfusion héréditaire pour survivre. Ils ont abîmés notre innocence, moi je gomme leurs existences. Non non pas de vengeance. Juste une fine pellicule protectrice. Juste au cas où, un jour, dans une folie sans nom, ils oseraient se souvenir qu’ils m’ont propulsé jusqu’ici.
Le temps file et déjà les premiers rayons. Il faut courir derrière chaque seconde maintenant, après il sera trop tard. Il faudra enfiler nos costumes et emprisonner nos sanglots. Pas le temps… Pas le temps. Juste une dernière larme.
La peur me gagne, je suis toujours en vie. Il faudra donc vivre.
J’ai encore perdu ce bras de fer avec la nuit.
[ Jour vs Nuit ]
03/10/2009 00:02 par koralik
C’est un combat de titans qui se joue dans l’antichambre de nos existences
Lorsqu’en joug, Mme Nuit pleine de peur lutte contre Mr Jour plein d’aisance.
Les murmures lancinants de la belle brûlent nos tympans de ses plaintes
Alors qu’on se bouche les oreilles pour échapper à cette insomnie d’étreintes
Ils hantent les moindres recoins de la pièce comme des fantômes d’illusions
Que l’on s’emploie à dégommer à bout portant comme des pigeons.
Echec. Mes yeux n’ont pas su se fermer avant les douze coups d’horloge.
C’est parti pour une nuit qui vomit chaque seconde mes mots de la gorge.
Inutile de tenter de bâillonner nos silences, Mme Nuit préfère le brouhaha
Inutile de tenter de dompter la cadence, Mme Nuit nous donnera le la.
Durant quelques heures, le cerveau connaîtra une terrible hyperactivité
Comme si cet amoncellement de minutes suffisait à tout décrypter.
L’absurdité de Mr Jour s’étale comme sur un négatif de pellicule
Incapable de trouver un sens à ce petit homme qui nous manipule
Il crie, il revendique, il dirige, opposant le quotidien à nos vertiges
Il impose, il ordonne, il s’érige, craignant de perdre son prestige.
Mme Nuit prend l’alcool et le verse sur la pellicule
Comme pour assommer le petit homme qui gesticule.
Mme Nuit croit pouvoir faire taire sa Raison
En injectant au petit homme son enivrant poison.
Mais comment croit-elle lutter contre un Mr Jour plein de promesses
Quand elle ne peut lui opposer que tristesse et détresse ?
Les hommes ont besoin du soleil de Mr Jour pour se rassurer
Mme Nuit n’est belle que pour ceux qui sont vraiment apaisés.
Pour les autres, Mme Nuit torture et tourmente sans fin ni compassion
Pour les autres, Mr Jour c’est un quotidien qui promet adrénaline et action
Mme Nuit, il faut cesser de promettre le bonheur, c’est de l’utopie
Mr Jour s’est déjà chargé de nous expliquer les rouages de la vie.
A chaque minute du jour, on se brise, on se heurte sous les rayons du soleil
A chaque minute de la nuit, on se panse, on se soigne en rêvant de lune de miel
Mais si on s’étourdit chaque nuit comme des pantins sans merveille
Les soldats du jour nous maintiennent l’esprit vide, nous surveillent
Nos pauvres esprits ont distancé nos corps au cœur de nos paradis perdus.
Mais ces soldats nous hurlent « Revenez, pauvres galériens têtus ! »
Mais qui sont-ils, plein de mépris, pour nous lancer leurs flèches empoisonnées ?
Ont-ils définitivement perdu l’âme du monde dans leurs encéphales aseptisés ?
Pourrons-nous un jour réussir à les réanimer ou devrons-nous toujours lutter ?
Leur conformisme et leurs paroles bien réglées, saurons-nous un jour les assommer ?
Mme Nuit est inéluctablement trop sombre contre les soldats de Mr Jour
Elle ne fait pas le poids, pauvre dame aux enfants sourds.
Jour 1- Nuit 0. Chaos. On rembobine le film.
Les premiers rayons du soleil déjà nous assassinent.
Mais il restera toujours des séquelles de ces heures sans rendement.
Ces heures qui s’affichent chaque nuit comme des pertes de temps.
On ne sort pas indemne de ce genre de nuit aux allures de bras de fer
Ces envies de rien, et ces riens qui donnent envie n’arrivent pas à se taire.
On s’accroche à ces nuits de sursis comme à un butin oublié de tous.
Quelque chose qui nous appartient, une parenthèse au goût de soufre.
Une chose du cœur dont on ne nous a pas encore dépossédés.
On a brûlé nos racines et nos veines, maintenant, taillade-les !
On n’a pas besoin de leur perfusion héréditaire pour survivre,
Mr Jour a gagné mais le reste de la bataille est à suivre.
Mme Nuit est à terre et on a remis nos costumes,
Mais à Minuit à coup sûr, ce sera l’amertume.
[ A toute vitesse... ]
03/10/2009 00:00 par koralik
Quand on est gosse, on ouvre la paume de nos petites mains sans hésitation
Pour faire glisser nos doigts sur nos lignes de vie avec une enfantine précision
C’est comme si un bolide y était lancé à tout moteur et à toute vitesse,
Persuadés que tout ira bien malgré les chicanes et les chemins de traverse.
En grandissant, on ferme les poings avec une troublante émotion,
On ravale nos rêves et on éclate nos certitudes sur un quotidien d’aversion.
Celui du marché du travail, des missions d’intérim et des emplois précaires,
Sur les fins de mois qui commencent le dix pour vingt jours de galère.
On signe les yeux fermés des Contrats à Démultiplication du Désastre,
En se disant qu’il vaut mieux ça à un RMI qui nous castre.
On saisit au hasard des offres raisonnables, parce qu’il faut bien être terre à terre,
Y’a pas à dire, les temps sont durs pour les utopistes et les précaires.
Il faut bien avoir quelque chose à mettre dans le ventre pour le vomir,
Alors, on accepte en se disant que demain ça ira mieux, qu’il faut tenir.
Mais demain est une pâle réplique d’hier, d’avant-hier et des jours précédents
Avec quelques espoirs en moins, et un peu plus de dégoût pour les gens.
On s’enferme dans des emplois à dix mille lieux de son cœur, par dépit, par nécessité.
Parce qu’il le faut bien, le travail c’est le moteur, c’est la santé,
On s’épuise le corps à s’endormir l’esprit, juste pour encaisser les jours sans repos.
Les semaines s’allongent, les heures se multiplient, et on hisse le blanc drapeau.
On est tous rentré en guerre contre des moulins à vent, et des comptes en banque en panique
On perd pied, on se noie, on fera un plan, c’est ce que la Banque de France nous explique.
Rien n’est grave, on n’est pas les seuls, y’a déjà un paquet de gens shooté au Lexomil
Qui ça inquiète ? Les politiques ? Les banquiers ? On danse pourtant en équilibre sur leur fil.
Levez un peu les yeux au ciel, voyez ses funambules lancés sur leur arc tendu au possible,
Ils dansent leur improbable dérive. A quand la chute ? A quand leur dérive nuisible ?
Chacun vacille et se raccroche à ses projets comme à une bouée de sauvetage.
On déroule le parchemin de cet ersatz de parcours professionnel. Intenable naufrage.
On dit que la vie est faite de chance, de hasards et d’opportunités,
Nous on ne descelle ici que des envies avortées et des occasions manquées.
Maintenant, on n’est plus des gosses, nos poings sont tendus, fermés, scellés
Le bolide a quitté la route, nos espoirs sont condamnés, usés, clamsés.
Et si on lève le poing parfois si haut dans le ciel les jours de grève,
C’est peut être simplement pour mettre en parenthèse le monde, on rêve.
[ Pauvre noctambule ]
02/10/2009 23:59 par koralik
Pauvre noctambule, tu aimes la nuit, le calme de ses rues, le mouvement de ton esprit,
Une fois la lune accrochée tu laisses ton corps et ton cœur souffler, tu écris.
Parfois entre deux notes de musique, tu te perdrais presque dans tes rêves.
Mais toi, à la différence des diurnes, si tu écoutes la mélodie, tu en crèves.
Parfois tu t’assoupis un peu, et dans tes songes naît l’embryon d'un nouveau monde.
Parce que si tu creuses, si tu le peux, tu pourrais faire rentrer du monde dans ta ronde.
Mais le souffle te manque, tu t’asphyxie de l’horreur et de la froideur de leurs cœurs
Comme si leur immobilisme, leur torpeur et leur peurs anéantissait tes valeurs.
Dans ta cave à peine éclairée, tu te perds parfois entre les lignes d’un carnet oublié,
Tu y évoques ces luttes sans victoires et ces heures abîmées, frappées, camées.
Entre deux verres d'alcool, tu parles révolution et non-violence, puis tu élèves ton âme
Pourtant, après une nuit de taule, tu n’aspires qu’à éclater tes ennemis sur le macadam.
Parce que trop de choses te semblent inacceptables quand les vapeurs s’évaporent
Parce que lorsque le soleil se cache, ici ou ailleurs, c’est ton cœur que t’explore.
Parce qu'une fois la pénombre tombée, la vérité devient trop lumineuse.
Parce qu’une fois abandonné, tes poings se ferment et tes joues se creusent.
Pauvre noctambule, tu as si peu les pieds sur terre que tu t’agaces de leur immobilisme
Tu dis que tout est possible, qu’on est en démocratie, et que lutter c’est du civisme.
Mais tu oublies trop vite qu’ici le formatage a fait son affaire dans l’opinion
Et que si nos cœurs sont bruts et scellés, penser par soi-même est en option.
Alors si tu veux changer le monde petit noctambule au cœur lacéré,
Il va falloir prendre ton temps car tu vis dans un champ de mort-nés.
Prend le masque et offre un peu de ton oxygène à ceux qui agonisent,
Ouvre leur les entrailles, opère leur conscience avant qu’ils ne rentrent en crise.
Une armée de révoltés ne se formate pas, chacun est libre de suivre, partir et venir
Ouvre-leur une voie vers un monde où l’espoir n’est pas en train de mourir
Pauvre noctambule, hélas, la nuit s’évapore dans trente secondes
Couche tes mots sur le papier, ces mots hurlés seront nos frondes.
[ Dancefloor ]
02/10/2009 23:58 par koralik
Petits clones danseurs et pantins articulés s’agitent tout autour de moi,
Dans la malsaine moiteur du dancefloor, ils s’enivrent à chaque pas.
Le rythme s’accélère et je suffoque chaque seconde davantage,
Couleurs, gens, musique et esprits s’échauffent comme un mirage.
Mes yeux me piquent et les néons m’aveuglent comme des lasers
Ma tête s’étourdit comme une toupie qui vacille de travers.
Asphyxie pré-programmée, comment allez-vous tous finir ?
La soirée vous aliènera-t-elle jusqu’à brûler vos sourires ?
Va-t-on m’injecter un sérum contre cette prise de conscience ?
Tandis que je crache mes poumons sur des airs de défiance.
On me dit que c’est terriblement hype de rentrer dans la danse
Tandis que ce carcan doré me met dangereusement en transe.
Tout est tellement artificiel entre ces quatre murs,
Est-ce que je dois lisser mon esprit pour gommer les brisures ?
Ainsi, j’ai enfilé l’uniforme obligatoire pour passer inaperçue,
Et acquis quelques signes extérieurs de richesse pour être reconnue.
Je rentre désormais en fusion avec le monde,
Ca brûle, ça crie, merde, ca gronde !
On me dit de fermer les yeux, de faire le vide…
L’inconscience, parait que c’est le remède ultime.
En attendant, on me demande déjà mon ticket boisson
Boire encore un verre contribuera-t-il à ma déraison ?
Je suis partie désormais vers les lointaines étoiles de Sade,
Où les petites stars préfabriquées mènent la mascarade.
Je m'invente toute une vie de strass et de paillettes,
Et m’agite contre ces hommes-robots que rien n’arrête.
Je suis devenue comme eux, un pur produit de consommation,
J’attends que l’on m’achète pour mon apparence et mes fonctions.
Taille, poids, look, et compte en banque passés au crible,
Je rentre enfin dans les cases prévues et deviens une cible.
Comment vais-je pouvoir m’évader de ces lieux de perdition ?
M’échapper de ce conformisme et trouver une issue à ces pulsions ?
Je rêve de gerber leurs codes et leurs panneaux publicitaires,
Ils ont déjà colonisé nos terrains de jeux, entrons en guerre !
Ne nous laissons pas manipuler par des vendeurs de chimères,
Nos nuits valent mieux que ça, rendons les amers.
** Poussières **
27/08/2008 00:22 par koralik
Je rêvais de belles parenthèses, de quelques secondes d'éternité, de petits morceaux de bonheur.
C'était si insaisissable que j'en avais presque perdu la saveur.
J'ai couru derrière, des années, de peur de passer à côté.
J'ai marché au coeur et 'ignorais la raison, par défi, sans sourciller.
Qu'est ce que j'ai trouvé? Des poussières d'étoiles... des milliers.
Et puis un souffle,violent, et tout s'est envolé.
Prise de conscience: un éternel recommencement.
17/07/2008 08:47 par koralik
Certaines nuits, il y a tant à dire que les mots peinent à s’échapper. Au final tout se mélange et s’entremêle dans un petit chaos.
Triste constat au petit matin, la tête engourdie par une nuit sans sommeil… je suis bien incapable de faire face à ces gens. Je pensais sincèrement être capable d’éviter toute implication et gérer les événements de ma vie avec distance. Mais voilà, il se trouve que je n’ai pas encore assez de courage pour me désengager des rapports humains.
Mais finalement pourquoi je voulais ça ? Par simple peur d’avoir encore à faire des choix de cœur.
J’avais l’envie de contrôler mes actes, mes chemins de vie avec assez de rigueur pour ne pas me laisser envahir par leurs humanités. S’ouvrir aux autres c’est s’exposer aux bleus à l’âme.
Une angoissante crainte finalement. Et finalement, je me rends compte qu’en adoptant cette attitude j’ai roué mon ego de coups.
Ca sonnait pour moi comme un défi. Reprendre le contrôle sur mon corps et sur mon cœur.
Là où vous voyez un manque de considération pour moi-même, il y a au contraire une reconquête. Je cherche probablement mes limites, quitte à transgresser des tabous.
Pourquoi je fais ça ? Pour prendre de la distance avec mon propre corps. Vous trouvez ça déshumanisant et dégradant ? C’est pourtant tout le contraire que je cherchais.
J’y voyais là un moyen de surpasser mes faiblesses du passé.
Par excès d’amour, j’avais mis mon existence entière en servitude. Des nuits entières à essayer de se convaincre que ça n’avait pas d’importance et que l’essentiel était d’être en phase avec le cœur. J’ai laissé mon corps être possédé puis dépossédé sans le moindre consentement, sans le moindre plaisir, par fatalisme. Parce que je pensais que c’était une clause pour être aimée.
Et puis finalement, ca se met à faire mal. Ca se met à hurler à l’intérieur alors on ferme les yeux et on fait abstraction. Aujourd’hui encore, je fais abstraction.
C’était pas ça, faire l’amour, c’était simplement un rapport de domination insupportable.
Mais fallait bien se relever non ? Alors j’avance tout droit, en pleine cécité, avec des valeurs éclatée. Je rêvais de quelque chose de beau mais la réalité, ça ne peut pas être ça.
Parce qu’il y a des ego, les envies des autres qu’on ne maîtrise pas, leurs peurs aussi qui font échos à nos propres appréhensions. Alors j’en suis là, prête à m’auto-détruire pour me faire exister. Je veux juste ressentir. Forcer le plaisir, connaître les moindres points sensibles de mon corps, juste pour me dire que cette fois, je contrôle.
Est-ce que je veux vraiment aller si loin ? Aujourd’hui, on me dit que c’est dangereux…que je vaux mieux que ça. Pour moi, le seul danger qui puisse exister c’est l’attachement. Se mettre à aimer un corps, ou plutôt un cœur, et que celui-ci se mette à renvoyer l’image de son propre corps, de son propre cœur. Prendre conscience qu’on est à la limite, et que faire un pas de plus, c’est se détruire définitivement, s’empêcher l’innocence et la pudeur. J’ai passé mon temps à fuir, en sabordant brutalement toutes les relations saines par simple peur qu’on me renvoie cette image cabossée. Prendre les rencontres avec distance, c’est simplement tenter d’apprivoiser des corps et des cœurs sans s’impliquer fondamentalement. C’est offrir le minimum d’illusion pour arriver à ses fins et puis s’enfuir par crainte de se mettre à y croire.
Les gens biens donnent envie d’y croire, mais je ne suis plus très sûre d’avoir quelque chose de beau à offrir. Les autres ont besoin de rêver, de s’imaginer pleins d’horizons, moi mes erreurs pavent tous mes chemins, toutes mes perspectives… Quel fou voudrait emprunter ce genre de parcours ?
Et pourtant, j’ai pas envie d’être toute seule. Alors oui, je prends ce qu’on m’offre, sans plus poser de questions, et j’essaye de comprendre ce que veulent les autres. Je m’adapte à leurs envies, en me disant que ce sont peut être les miennes. J’ai juste envie de partager quelque chose. Une envie. Un moment. A défaut d’autre chose. Et quand en face, le cœur est beau, je me mets à retomber dans les mêmes pièges. S’attacher au corps…au cœur… Et puis rêver. Se mettre en servitude en se disant que c’est une clause à l’amour. Puis faire une chute qui fait mal. Se relever, parce qu’on n’a pas le choix et se dire qu’il faut se remettre à contrôler.
C’est un éternel recommencement.
Alors j’avoue oui, j’ai échoué, je suis bien incapable de contrôler ce que je peux éprouver, mais ne me faites pas dire que je demande l’exclusivité. Je la rêve, je la fantasme, mais elle me fait au final bien trop peur pour la réclamer. Alors peut être que je m’enferme dans des relations stériles, mais pas la peine de juger ceux qui s’embarquent avec moi dans ces nuits sans lendemain. On est tous en train de chercher quelque chose. Et les gens biens sont partout, même dans ces nuits là. J’ai perdu mes a priori, mes repères aussi surement. J’ai du mal à voir le mal, ou plutôt, je le sens partout sous jacent. Alors je suis bien incapable de distinguer les gens biens de ceux qui m’utilisent, parce que je suis convaincue que dans ce domaine, il n’existe pas d’altruisme. Alors en attendant que quelqu’un viennent marcher sur les braises avec moi, j’essaye de m’étourdir, pour oublier la peur, pour ne plus y penser.
[MUSIC] Chasse - Mr Yo (Bouchazoreill')
23/06/2008 23:12 par koralik
[IVY] Catacombes
13/06/2008 13:12 par koralik
Les heures filent et déjà vous courrez après le temps.
Vous rêvez d’éternité le temps d'une nuit.
Vous redoutez déjà les premiers rayons de cette nouvelle journée qui vous fera perdre vos illusions…
Encore… Encore…
Encore un peu de folie…
Encore un peu de pénombre….
La lumière de la pièce s'est tamisée,
Laissant vos esprits fuyants rêver…
Vains espoirs de prolonger une nuit trop belle en ses bras.
Ne pas interrompre la magie…
Désir de vous enfoncer sous terre, protégés à tout jamais de la lucidité du jour.
Et pourquoi pas ?
Fuyez ! Fuyez !
Il est encore temps !
Prenez la porte de vos envies et glissez vous sous terre…
Descendez dans les abîmes de la terre et abîmez vos craintes…
Ici, la nuit est perpétuelle.
Ici, l’intimité est réelle.
Vous êtes dans les catacombes.
Etrange ambiance.
Il existerait des pièces secrètes.
Couloirs exigus… Torches allumées.
Passez vos doigts sur les murs.
Découvrez leurs de nouvelles dimensions…de nouveaux dessins.
Le dessin de vos désirs eut être ?
A tâtons vous découvrirez les moindres recoins.
Domptez vos claustrophobies… C’est seulement la nuit qui vous enveloppe de ses bras.
Avancez et redécouvrez l'Histoire...
Au XVIIIe siècle, les cimetières de Paris débordent littéralement, en particulier celui des
Saints-Innocents. Les autorités, confrontées à ce problème d'insalubrité publique, décident de déplacer les ossements dans d'anciennes carrières de calcaire situées alors en périphérie de la ville.
Une nuit pleine de découverte... Mais accélérez le pas. On est à vos trousses puisque l''accès aux catacombes et carrières de Paris est strictement interdit par la loi. Un arrêté préfectoral du 2 novembre 1955 énonce, entre autre, qu'il est "interdit à toute personne non munie d'une autorisation émanant de l'Inspection Générale des Carrières d'ouvrir les portes et trappes d'accès aux escaliers et puits à échelons ou autres des anciennes carrières, [...] de pénétrer et de circuler dans les vides des anciennes carrières s'étendant sous l'emprise des voies publiques de la Ville de Paris."
Cette nuit, vous défiez la loi pour un peu de liberté sous terre.
Notre seule liberté est la circulation, allons au bout du monde ou sous nos pieds.
Explorons clandestinement nos entrailles, et découvrons nos histoires... en toute sécurité
