[IVY]Tokyo Décadence
13/06/2008 13:11 par koralik
(( Constellations de cris ))
05/06/2008 23:25 par koralik
On dit que la nuit est belle lorsqu'elle s'étoile et que la lune éblouit les yeux des noctambules. Si la nuit fascine c'est juste parce que les étoiles et la lune sont de bons faire-valoir. Ils magnifient la profonde noirceur qui se dégage des nuits sans sommeil.
C'est une nuit comme celle là que je vois à ma fenêtre. Une nuit qui donne envie de se jeter dans le vide. Une nuit qui fait trembler. Une nuit qui pousse à l'autodestruction.
Voilà. Je suis perdue. Je m'hypnotise de pixels en espérant y trouver l'artifice qui me sauvera. Parce qu'à force de rendre ses pupilles imperméables, on fait pleurer son coeur des gouttes de sang. Le sang qu'on a pas réussi à arracher aux autres alors qu'on a trop eu le goût du notre dans la bouche.
Et lorsque tout se mélange, entre haine et amour, on serre les poings. Intensément. Quelques secondes.
Le poing de la révolte levé, nos veines saignent les peurs à n'en plus finir.
Même plus la force de le lancer contre leurs visages.
Génération au coeur mutilé. Sans réaction. Sans cri.
On baillônne nos interrogations par honte et pudeur, fatigués d'avoir trop cru.
L'innocence balayée, la lucidité devient effrayante.
On se croirait presque en état de mort clinique devant le monde.
Et pourtant. Y'a trop de fantasmes dans nos têtes. A l'intérieur, des envies, des rêves, un bruit infernal. Avec la peur de l'implosion. Et lorsque sur le fil du rasoir, on dirige ce dernier vers nos poignets, on ferme les yeux et on tente d'entendre les battements du coeur. Juste pour se donner un peu de consistance sur l'échelle de l'univers. on repose la lame et on pleure.
Et puis on ouvre une bouteille d'alcool. On avale vite pour avoir l'ivresse et puis on se laisse emporter par une triste mélodie.
Celle de la faiblesse.
Fatiguée de trop penser. Envie de lâcher prise. Juste m'autoriser une parenthèse dans cette nuit étoilée d'amertume.
[POLITIQUE] Explication Nouveau Parti Anticapitaliste
29/05/2008 04:17 par koralik
[PARANO] Un pavé de plus et encore un peu moins
25/05/2008 19:01 par koralik
Citoyens et citoyennes,
Vous n’êtes pas sans ignorer qu’aujourd’hui, la France est perturbée par un vaste mouvement de grève de la fonction publique.
Les personnels de la fonction publique d’Etat (douanes, finances, culture, équipement), de la fonction publique territoriale ( mairies, conseils généraux, conseils régionaux), les hôpitaux, la Poste, France Telecom , l’ANPE, France 3, Météo France, et le transport aérien seront fortement mobilisés aujourd’hui, pour dénoncer la casse du service public et les nombreuses suppressions de postes dans ces secteurs.
Mais s’il existe aujourd’hui un secteur qui se trouve au cœur de cette mobilisation c’est bien l’Education !
Cinq fédérations d’enseignants, deux syndicats de lycéens et trois organisations étudiantes ont appelé à la grève contre les 22 900 suppressions de postes inscrites au budget 2008.
Ils ont été rejoints par une intersyndicale de l'enseignement supérieur et de la recherche, qui demande "l'arrêt du projet de dissolution des organismes de recherche". La FEP-CFDT, principal syndicat d'enseignants du privé sous contrat souhaite également mobiliser contre les nouveaux programmes de l'école primaire. Selon un recensement établi par le Snuipp-FSU, près des deux tiers (63 %) des professeurs des écoles devraient être en grève.
Depuis que notre ami Xavier Darcos a pris les rennes du ministère de l’Education Nationale, rien ne va plus.
Non remplacement des fonctionnaires qui partent à la retraite, diminution du nombre de professeurs dans le primaire et le secondaire, casse des organismes de recherches, réforme des programmes de l’école primaire ahurissante... On ne manque pas de raisons de faire grève, c'est le moins que l'on puisse dire !
L’Education va mal dans notre pays, c’est une évidence, mais les professeurs aussi ressentent une profonde amertume devant ce spectacle pitoyable offert par le gouvernement en place.
Entre les salaires qui n’ont pas bougés depuis des années et les conditions de travail qui sont de plus en plus difficiles (manque de moyens, manque de personnel), sachez seulement qu’un professeur sur deux pense à changer définitivement de carrière. Et ce n’est pas étonnant !
Alors que « notre » président souhaite réhabiliter l’autorité du professeur, la tendance est plutôt à l’économie de moyens !
Nos AVS (Auxiliaires de Vie scolaire) ont des statuts précaires, les AE (Assistants d'Education)craignent pour leur avenir, et les RASED (Réseau d'aide) n'arrivent plus à fonctionner correctement.
Prenons l’école primaire pour exemple.
Notre ministre a décidé sans aucune consultation préalable de réformer (une fois de plus) les programmes du primaire. La première version, présentée le 20 février, continue d'être violemment contestés par la plupart des organisations syndicales du premier degré ainsi que par les mouvements pédagogiques.
Programmes qui alourdissent encore les contenus au détriment d’une réelle efficacité et bénéfice pour l’élève et tout ceci avec 3 heures en moins !
La suppression de l’école le samedi matin supprimera en effet 3 heures de classe effective aux élèves en primaire. Ces 3 heures seront rattrapées à d’autres moments (le mercredi matin pour être clair) par les enseignants pour mettre en place du soutien aux élèves en difficultés (2h) et pour des concertations et formations (1h). Au lieu de repenser une véritable politique de soutien aux élèves en difficultés qui DEVRAIT se caractériser par la mise en place de moyen matériels et humains, on en demande encore plus aux enseignants avec encore moins ! J'en veux pour modèle les fameux soutiens mis en place durant les vacances (et oui, vous pourrez plus dire qu'on fout jamais rien!)
Tout ceci décidé arbitrairement par notre gouvernement (tout comme l’heure supplémentaire d’EPS finalement oubliée, l'étude des porcelaines, le retour de la leçon de choses et de la petite phrase de morale dès l’an prochain sur tous les tableaux).
Le dialogue, notre ami Darcos ne doit pas savoir ce que c’est à en croire son comportement autiste (un signe distinctif des membres du gouvernement qui ne s’illustrent que par leurs cafouillages et leur tendance à la cyclothymie)
Alors que les lycéens, les étudiants et les professeurs descendent dans la rue, notre ministre fait la sourde-oreille.
Non, il n’y a aucun problème.
Aujourd’hui, non plus. Il y a le service minimum de toute façon.
Et puis faut pas se leurrer, perdre entre 60 et 90 euros par jour de grève ca fait mal. Très mal.
Le gouvernement joue encore sur cette baisse du pouvoir d’achat. Une aubaine.
L’utilité de la grève ?
Euh… je cherche… Mais de toute façon, la nouvelle idée de Darcos est de forcer les enseignants à se déclarer gréviste 2 jours avant la journée de mobilisation. Histoire de casser encore davantage ce droit.
On fait un sacré bon en arrière.
Les réformes c’est fait pour progresser, pas pour reculer.
Il serait bon que certains assimilent la leçon avant qu’il ne soit trop tard.
Dans tous les cas plus que 2 mois avant les vacances. Deux mois et les réformes passeront quoiqu'on en dise.
De toute façon, c'est toujours les fonctionnaires gauchistes les méchants.
Comment pourrait-il en être autrement?
(( Parasite ))
22/04/2008 01:47 par koralik
Parasite.
S’immiscer dans ma vie est déjà un bel exploit…
Parasiter mon existence c’est encore bien plus fort que ça…
Une intrusion salvatrice, des esprits en résonnance,
des vérités quelque peu destructrices, mais au final une douce errance.
Je m’accroche à tes mots comme on traverse un pont suspendu,
avec la peur panique de m’en trouver délaissée, perdue.
Ecoeurée par le vide qui se jette devant mes yeux brûlés par tes critiques,
Je me saisis de tes locutions comme je me saisirai de puissants anxiolytiques.
Perdue dans quelques sombres mises en abyme,
j’éviterai l’envol névrotique, qui trop souvent m’abime.
Et si tu me pousses à te haïr de mille façons,
Je ne peux me résoudre à suivre ma raison.
Me mettant en danger à chaque instant,
Tu m’exploses tes certitudes avec un aplomb déconcertant.
Je voudrai savoir dire les mots,
Ecrire aussi bien que toi, comme il faut.
Et alors que je martèle mes pages de mille points de suspension,
Tu brûles mes textes d’entêtantes interrogations.
Voilà, tu t’éloignes et je cours…
Me heurtant contre les miroirs de mes incohérences.
Et tout à coup, un bruit sourd…
Le bras ensanglanté et réclamant une autre chance.
Hypnotisée par le spectacle de mes douleurs…
Je te perds et je m’enfonce,
Fixant mon regard sur ton cœur,
Inexorablement envahit par les ronces…
Le couteau dans la main, j’hésite. à en perdre haleine.
Entre taillader mes chaînes et faire saigner mes veines.
Cruel et impitoyable désordre organisé…
Dois-je vivre dans le virtuel ou crever dans la réalité ?
Je rêve de tes secousses pour enfin me sentir exister,
Je me sens tomber, suis-je en train de crever ?
Brûlant mes pupilles de ces flashs étourdissants,
Je prends la mesure de tout ce que je n'appréhendait pas justement.
Tu as posé tes mots sur ces épisodes dignes des plus pitoyables séries B…
Et ton jugement implacable sur ma sordide réalité.
Si tu es un parasite comme tu le prétends,
Va jusqu’au bout et incise cette partie de moi que je protège tant…
[SCENARIO] Enfant-bombe
20/04/2008 04:08 par koralik
Seul un plafonnier diffusant une lueur verdâtre éclairait leurs visages.
La pièce enfumée et poussiéreuse tranchait avec les complets flambants neufs des trois hommes venant de pénétrer dans l’arrière salle du petit magasin de jouets.
Assis autour d’une vieille table en hêtre ovale, ils font face à un homme usé qui tire nerveusement sur sa pipe. Ce dernier fixe du regard une petite mallette noire entrouverte qui trône au centre de la table, les yeux remplis d’une excitation dont il n’a plus l’habitude.
L’homme assis face au sexagénaire scelle la mallette puis la fait glisser en direction de leur hôte. Entouré par ses deux acolytes, il quitte la table, décidé à prendre congé du marchand.
A son tour, l’hôte se lève, et propose de les raccompagner jusqu’à la porte.
Les quatre hommes traversent le petit commerce de jouets avant de regagner leur limousine noire, chassant du même coup la petite demi-douzaine d’enfants scotchés aux vitres fumées.
Le vieil homme, après une ferme poignée de main avec l’un d’entre eux, observe ce spectacle en silence, ne laissant échapper qu’un soupir de lassitude.
La limousine démarre alors en trombe, manquant d’écraser au passage l’un des enfants.
Le marchand de jouets, quant à lui reste un moment sur le pas de la porte à observer le petit groupe tout en dé-serrant le nœud de la cravate qu’il avait spécialement mis pour l’occasion.
Alors qu’il allait rentrer chez lui, il l remarque une petite fille, le nez collé à la vitrine du magasin.
Elle semblait hypnotisée par une poupée de porcelaine tenant un petit miroir dans la paume de sa main. Le visage laiteux de la poupée contrastait avec le petit visage charbonneux de l’enfant. Ses petites années semblaient avoir été absorbées par la misère, offrant un regard vitreux à la petite fille.
Remarquant le propriétaire du magasin, la petite fille recule d’un pas, puis après avoir hésité une seconde, s’enfuit à toute jambe.
L’homme saisit alors dans la vitrine la petite poupée au miroir
[Plus tard]
Dans le terrain vague, les mêmes enfants de la rue se disputent un vieux ballon éventré, faisant s’élever dans l’air poussiéreux quelques cris révoltés.
A proximité, la petite fille est assise sur les marches du grand escalier à la rampe de fer rouillée. Ses yeux noirs errent entre les nuages du ciel, semblant y chercher une porte de sortie imaginaire.
Sa réflexion est alors troublée par quelques mots venus de nulle part.
- hey petite… ! Viens voir par là.. !
C’est le vieil homme du magasin, qui fait signe à la petite fille de le rejoindre.
Mais celle-ci ne semble pas décidée à venir. Elle reste immobile, toujours assise sur cette marche glacée.
L’homme insiste :
- J’ai quelque chose pour toi… Approche !
Après une brève réflexion, la petite finit par entrer dans le magasin d’un air méfiant.
Elle s’adoucit alors en découvrant la multitude de jouets qui se trouvait dans le magasin.
Elle avait souvent rêvé à ce que pouvait contenir ce magasin sans vraiment penser pouvoir y pénétrer. C’est désormais chose faite.
Emerveillée par tous les objets de bois dont la pièce regorgeait, l’enfant ne prêtait plus attention au vieil homme.
Son regard fut alors attiré par l’étagère sur laquelle reposait une collection de poupées de porcelaine au rictus figé. Elle reconnu très vite celle au miroir qui trônait encore quelques heures plus tôt en vitrine…
Elle esquissa un sourire triste..
- Elle te plait ?
Elle n’osait répondre, dodelinant la tête doucement.
Le vieil homme saisit la poupée et entraine la petite fille vers l’arrière salle.
Il l’empoigna sous les aisselles et l’assit sur la table en hêtre.
La petite fille était terrorisée, les bras en croix, fuyant le regard de l’adulte.
Le marchand continua :
- Tu aimes cette poupée non ? Je ne peux pas te la donner mais je peux t’offrir quelque chose de mieux encore.
L’homme lui tend une petite boîte enveloppée de papier kraft.
- Mais attention ne l’ouvre pas encore…C’est une boîte magique…
Tu dois l’ouvrir au pied d’une grande croix et elle réalisera tous tes rêves…
La petite fille écarquille les yeux.
- Tous… tous les rêves ?
- Seulement si tu fais ce que je t’ai dit.
Le vieil homme place la petite boite dans le sac à dos de la petite fille.
- Elle est où la croix ?
- Viens voir, je vais te montrer.
Le marchand entraine la petite fille vers la fenêtre et lui montre au loin les buildings de la ville.
- Tu vois les immeubles là bas ? Si tu arrives jusque là bas, tu pourras ouvrir la boite.. Ne l’ouvre pas avant surtout, sinon cela ne marcherait pas…
La petite fille acquiesce sans trop comprendre ce qui lui arrive.
Jetant un dernier regard vers les poupées, l’enfant sort du magasin de jouets, tenant entre ses mains le petit sac à dos.
Le marchand intercepte la petite fille avant qu’elle ne franchisse le pas de la porte.
- Attends ! Je veux te faire un petit cadeau encore. Tu es si mignonne…
L’homme accroche une petite broche en forme de papillon sur la poitrine de la petite fille.
- Maintenant, envole-toi comme ce papillon, tu verras que rien ne pourra t’arrêter !
Le marchand caresse la joue de l’enfant et l’encourage à se mettre en route.
La petite fille lui rend un sourire et se dirige vers le terrain vague.
[Terrain vague]
La petite fille avait grandit sur ce terrain vague.
Tout comme les autres enfants des rues de la zone, elle se débrouillait comme elle pouvait, avec les moyens du bord. Elle avait traversé maintes et maintes fois ce vieux terrain, y trainant les pieds comme sa misère. On ne l’embêtait jamais, c’était chez elle.
Pourtant, pour la première fois, la petite fille s’est fait bousculer.
Quelques enfants qui l’ont aperçu sortir du magasin de jouets l’interpellent alors.
Mais elle ne dit rien.
Les enfants continuent de l’interroger, pointant du doigt la broche.
- hey tu lui as fait quoi pour qu’il te donne ce truc brillant ?
- Elle a du passer dans l’arrière boutique à coup sur !
Les garçons éclatent de rire, la petite, elle a les larmes aux yeux.
Ils s’amusent à lui tourner autour puis ils lui prennent son petit sac.
- Y’a quoi dans ce sac ? De l’argent ?
- Rends le moi !
Les enfants se lancent le sac entre eux au dessus de leurs têtes jusqu’à ce que la petite fille intercepte des mains le sac puis s’enfuit à toute jambe, en serrant contre son cœur le sac.
Arrivée à la gare désaffectée, la petite fille s’engage sur les voies.
Elle sait que la route sera plus longue, mais elle n’a pas le choix. On ne la laissera pas passer au niveau du tunnel des militaires de toute façon.
Le soleil est en train de se coucher lorsqu’elle arrive enfin à la limite de la zone.
Plus que quelques mètres et elle sera en Ville.
Tout à coup, elle aperçoit sur le bord de la voie deux hommes en uniformes et armés.
Elle voudrait s’enfuir, mais les hommes sont déjà à proximité, pointant leurs armes sur elle.
En voyant leurs ombres massives s’avancer, la petite fille s’arrête net et ferme les yeux, convaincue qu’elle est perdue.
La nuit est maintenant presque totalement tombée.
Mais contre toute attente l’un des deux hommes s’agenouille à coté d’elle et saisit sa broche en or.
- Merci bien petite. Maintenant déguerpis d’ici avant que je change d’avis !
L’homme lui indique les égouts pour arriver plus vite en ville.
Elle découvre un petit tunnel sombre et boueux. et s’y engage, le pas timide, les mains tâtonnant devant elle.
Ses petites chaussures sont déjà recouvertes de boue, à force d’avancer dans l’humidité.
Après quelques minutes de marche, elle découvre enfin la sortie du tunnel.
Elle escalade la petite échelle et pousse la bouche d’égout.
La vive lumière des lampadaires éblouit la petite fille. Elle manque de rater le dernier barreau puis finit par s’extirper jusqu’au trottoir.
L’enfant découvre alors pour la première fois les lumières de la ville qu’elle avit mille fois fantasmé..
En s’enfonçant vers le cœur de
Tout était propre, immaculé. Une culture de la perfection largement sponsorisée par des campagnes marketing s’étalant sur les façades des immeubles.
Personne ne prête attention à la petite fille. Il faut dire qu’elle ne trainait pas non plus. Elle avait entendu toutes sortes d’histoire sur ce qui pouvait arriver en Ville à des petites filles comme elle. Il y avait déjà l’armée. Si elle tombait entre leurs mains, elle était finie !
Elle avait bien conscience qu’elle aurait pu finir dans un endroit bien plus terrible que son terrain vague. La peur commença à l’étreindre.
En arrivant à proximité des zones commerciales, il y a bien eu ces quelques passants affichant un visage dégouté lorsque leurs regards à croiser celui de la jeune enfant aux habits souillés.
Mais ils avaient tous l’air très pressés, et aucun d’entre eux n’aurait perdu la moindre petite minute pour aller la dénoncer.
La petite fille, elle n’avait qu’une idée en tête : trouver la croix.
Les yeux constamment vers le ciel, elle cherche..
Elle la voyait distinctement lorsqu’elle était sur le terrain vague, mais ici, les immeubles semblent la dissimuler.
Tombant de fatigue, elle finit par s’asseoir au coin d’une ruelle. Elle avait l’habitude de dormir à même le sol au terrain vague, alors c’est sans trop de difficulté qu’elle décida de s’allonger sur ces cartons négligemment posés sur ce trottoir..
Serrant son sac contre elle, elle s’endormit à même le sol, usée par sa longue marche.
C’est en pleine nuit qu’elle ré-ouvrit subitement les yeux, réveillée par la sirène stridente d’une voiture de police. Devant elle, deux policiers prêts à l’embarquer.
Sans réfléchir ; elle se remit à courir. Cette fois ci, elle ne fixait plus le ciel, mais le sol qui se déroulait sous ses pieds comme un tapis sans fin. A bout de souffle, elle gravit quelques marches et se cache derrière un porche.
Elle se dissimule derrière les colonnes massives de l’édifice.
Les voitures défilent sous ses yeux.
L’enfant émet un souffle de soulagement.
Elle se mit alors à regarder autour d’elle.
Devant ses yeux, il y avait ce gratte-ciel dont elle peinait à voir le sommet.
Impressionnant édifice sur lequel s’affichait dans un défilement sans interruption des nombres qu’elle ne savait lire. Etourdissant.
Cela ressemblait à ces endroits où se pressaient des centaines de gens chaque jour. Gens qui s’enfermaient dans ces tours dorées pendant plusieurs heures et qui en sortaient fort exténués, mais avec quelques sous en plus en poche.
Du haut de ses quelques années, la petite fille savait juste qu’elle en avait beaucoup entendu parler. Au terrain vague, les enfants ne parlent que de ces hommes aux attachés-cases Ils veulent tous devenir comme eux et sont prêts à tout pour finir dans ses appartements avec terrasses panoramiques.
Le soleil était en train de laisser passer ses premiers rayons.
L’enfant détourna alors son regard. Le danger écarté, elle s’assit alors sur la plus haute marche où elle se trouva et observa l’édifice qui se trouvait cette fois ci derrière elle.
Il y avait ses anges de pierre figés pour l’éternité, et ces gargouilles effrayantes aux ailes déployées.
En levant toujours plus haut ses yeux au ciel, elle la reconnu.
La croix. Fameuse croix sous laquelle elle pouvait enfin ouvrir son présent.
Elle venait d’y arriver. C’était l’Eglise dont le marchand a parlé.
Elle s’avance alors en direction de la lourde porte et tente de la pousser de ses petites mains.
Lorsqu’elle parvient à y pénétrer, elle se dirige vers les petits cierges.
Elle en saisit un.
La flamme se reflète dans ses yeux vitreux.
Elle s’assit alors sur un banc et ouvre son petit sac à dos.
Elle en extrait sa petite boite recouverte de papier kraft.
Convaincue que c’est une petite boite à musique, elle déchire l’emballage dans une agitation perceptible. Son visage change alors quand elle découvre une petite boite toute noire.
Elle soulève délicatement le couvercle.
Ses yeux s’embuent alors.
Au même instant, dans la petite boutique près du terrain vague, le vieil homme place quelques billets dans la poche intérieure de son veston.
Alors qu’il rassemble quelques affaires, au dehors un taxi donne un coup de klaxon.
Il se presse alors de descendre l’énorme rideau de fer de sa boutique.
Un énorme bruit retentit alors.
Au loin, tout le cœur de la ville est détruit.
Les immeubles sont pulvérisés, soufflés par l’impact de la bombe.
Dans la vitrine, la poupée de porcelaine au miroir semble avoir changé de visage.
((Immobilisme))
11/04/2008 02:59 par koralik
A force d’y croire, de tenter de convaincre, de battre le pavé, on finit presque par croire la victoire acquise.
Mais c’est loin d’être aussi simple.
Parce qu’il faut se rendre à l’évidence, on vit au milieu d’un champ de convaincus.
Des convaincus du fait que rien ne changera jamais et qu’ils n’auront de toute façon jamais voix au chapitre.
Et cela fait d’eux des soldats immobiles.
En résistance passive.
Quel gâchis ! Si seulement ils savaient !
Pourquoi restent-ils ainsi pétrifiés ?
Auraient-ils peur de leur force ? De leur capacité ?
Ont-ils peur de ce mouvement qu’ils pourraient créer ?
Au lieu de mettre la machine en marche, chacun s’enfuit dans sa cellule, gravant dans le mur ses propres bâtons, symbole du temps qui ne sera jamais plus récupéré.
A force d’élever nos prisons aux quatre coins des villes, on a fini par se porter prisonnier.
Et moi j’ai cette envie de mettre des explosifs au pied de leurs prisons cérébrales…
Parce qu’à force d’immobilisme, on va finir par nous retirer toute possibilité de nous sauver !
Et moi je rêve. Je veux continuer à rêver de mon monde.
Si seulement vous pouviez y croire avec moi, nous nous offririons une chance de nous en sortir.
Merde, un peu de solidarité !
(( Pessimiste? ))
11/04/2008 02:08 par koralik
On me reproche mes coups-de-stress, mes coups-de-pas-confiance mais c’est qu’il n’y a pas de mode d’emploi à cette putain de vie !
Alors oui j’hésite, oui je me méfie. Parce que je ne veux plus me tromper. Je ne veux plus m’endormir sur son épaule, m’endormir défoncée.
Je veux contrôler ce qu’il reste de ma vie, en prendre la mesure, calculer les risques, rentrer dans la norme. Trop peur de me laisser porter par les événements et de me réveiller un jour encore plus brisée que la veille.
Nan, la confiance, je ne sais plus ce que cela signifie. J’enfile armure sur armure… Juste par précaution…
Défaitiste ? Non réaliste. Rien n’est éternel. Je me prépare à ma chute.
Mieux vaut prévenir que guérir.
Qui oserait me dire de ne pas le faire ? L’amour aveugle, ce n’est plus pour moi.
((Masochisme))
11/04/2008 01:52 par koralik
Retour case départ, comme happée par un souffle invisible…Parce que finalement on ne se sauve jamais complètement. Il y a toujours cet indicible appel.
Ce cri lancinant qui m’implore de ne pas me laisser submerger par le bonheur.
Une fascination morbide pour la souffrance, voilà ce qui me tient éveillée des nuits durant.
Insomnie étourdissante ou exigeante aliénation ?
Un retour à la maison comme on revient de vacances. Avec ces odeurs trop connues qui font du bien, qui rappellent notre enfance.
Cette nuit, c’est la nostalgie de mes souffrances. Le brûlant désir d’être à nouveau saisie par ces étranglements spirituels, lorsque je suffoque d’envie… d’envie de crever.
Je rappelle mes démons, les implore de me voler à nouveau à cette réalité.
Besoin de me retrouver, de saisir l’importance de l’enjeu.
Interminables heures à attendre le petit matin, à défier l’existence, le regard noir et le cœur blindé. A la fois insensible et ultrasensible. Cassant mes espoirs comme on brise des verres au sol, de colère.
Et puis, il y a ce silence. Cette mélodie inaudible qui rythme les battements du cœur.
Heurtant jusqu’à la dernière seconde le plexus. En manque. Je suis en manque de sensation.
Et pourtant, je n’ai jamais eu le cœur aussi léger.
Mais moi j’aime quand il est lourd. J’aime quand ca frappe. Quand ca hurle. Quand ca saigne.
Je m’ennuie de mon bonheur.
C’est une petite mort. La mort de la conscience.
Et puis il y a cette culpabilité. Celle de ne plus être en phase avec le reste du monde. Celle de faire partie de ces privilégiés qui ont fait abstraction du monde pour vivre pleinement leur euphorisant bonheur.
Je préfère retirer là mes lunettes roses, elles aveuglent ma raison.
Rester lucide. C’est l’essentiel. Quitte à gâcher un peu de ce bonheur trop parfait.
